11.10.2006

Culture, pour qui ?

medium_louvre_pyramide.jpgDepuis cinq ans, la Mairie de Paris organise la Nuit Blanche «moment de rêve où la création investit les quartiers de Paris» selon Bertrand Delanoë, concept qui se veut à la fois rassemblement populaire festif et découverte de l’art contemporain.

Pour m’être promenée dans les rues du Marais lors de la dernière édition, j’ai pu constater en observant les réactions des badauds (indifférence, perplexité, ou même irritation - parfois justifiée -), combien, dans cette approche de l’art offert à la découverte du public, nos édiles portaient un lourd héritage malrucien. Pour Malraux, l’accès à la culture rejette toute idée de pédagogie, d’explication, de médiation ou même d’apprentissage. La culture doit être une révélation tel Saint Paul sur le chemin de Damas.

Que peut comprendre le public devant une oeuvre contemporaine si, au préalable, on ne lui a pas offert les outils, les références historiques, esthétiques ou philosophiques qui donne des clefs pour la compréhension et la démarche (s’il y en a une) de l’artiste ?  La Nuit Blanche, qui n’est qu’un événement parmi d’autre mettant en évidence le décalage entre les publics et l’art contemporain, me renforce dans l’idée qu’il est urgent de remettre l’enseignement artistique et l’histoire de l’art à l’école. La démocratisation de la culture passe par la transmission de clefs donnant accès au décryptage de l’art, à son interprétation et au développement d’un esprit critique. En effet, porter une appréciation esthétique, un jugement sur une oeuvre n’est pas scandaleux, au contraire. Encore faut-il avoir les outils pour le faire.
Malraux avait crée un ministère des affaires culturelles pour les artistes, il est temps que notre Ministère de la culture et de la communication puisse devenir celui des artistes et de leurs publics.

A. Cochevelou, membre de Pensez Libre

Commentaires

Pour ma part, ce qui m'agace particulièrement dans la démarche de l'actuelle majorité municipale, c'est la propension en matière de culture à mettre la main sur tout le secteur associatif culturel en le municipalisant.

Seulement voilà, cette municipalisation a des conséquences sur ce que faisaient autreoifs ces associations : le nov-langue post moderne et pédagogolâtre socialiste faisant autorité partout où elle passe, on décide que là où l'on enseignait autrefois la musicologie, on fera désormais des cours de hip hop pour être plus "tendance" et en phrase avec les jeunes...

La Nuit Blanche est de la poudre aux yeux : un poudre monoclore qui masque l'absence de projets de l'actuelle équuipe municipale...

Écrit par : Anaxagore | 29.10.2006

Pour ma part, ce qui m'agace particulièrement dans la démarche de l'actuelle majorité municipale, c'est la propension en matière de culture à mettre la main sur tout le secteur associatif culturel en le municipalisant.

Seulement voilà, cette municipalisation a des conséquences sur ce que faisaient autreoifs ces associations : le nov-langue post moderne et pédagogolâtre socialiste faisant autorité partout où elle passe, on décide que là où l'on enseignait autrefois la musicologie, on fera désormais des cours de hip hop pour être plus "tendance" et en phrase avec les jeunes...

La Nuit Blanche est de la poudre aux yeux : un poudre monoclore qui masque l'absence de projets de l'actuelle équuipe municipale...

Écrit par : Anaxagore | 29.10.2006

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